Artiste peintre · Donzère, France
Zina Drici
Je ne cherche pas à représenter. Je cherche à laisser une trace qui tienne.
Née à Nîmes en 1978, sous cette lumière du Sud qui sculpte les pierres avant de sculpter les regards, j'ai appris très tôt que la matière a une mémoire. C'est elle que je poursuis aujourd'hui, depuis mon atelier de Donzère, dans la Drôme provençale — un espace où le temps s'organise autour d'une seule discipline : peindre.
Mon travail s'ancre dans la peinture abstraite gestuelle, à la croisée des grands lyriques noirs et des chercheurs de matière. Soulages m'a appris la densité du noir ; Kiefer, la mémoire de la terre ; Tàpies, le poids du mur. Mais je ne les imite pas — je leur réponds. À chacun son propre silence.
Je travaille l'huile épaisse, le pigment brut, la cendre, parfois la terre ramassée dans les collines. La toile de lin accueille le geste rapide et la couche lente. Chaque œuvre est une négociation entre l'intention et l'accident — ce qui est visible n'est jamais tout ce qui a été fait, et c'est précisément ce qui m'importe.
Le noir m'accompagne comme une présence. Non comme absence, mais comme densité. Il retient la lumière au lieu de la renvoyer. Autour de lui, j'invite des terres brûlées, des ocres profonds, parfois un éclat de blanc pur — ces respirations sans lesquelles la matière suffoque.
Je peins par séries, lentement, en revenant sans cesse. Je gratte, je recouvre, je laisse reposer. Une œuvre peut prendre des semaines avant que je la considère finie — et souvent, je ne la considère jamais finie : je décide seulement qu'elle peut partir vers sa vie future.
Ce site rassemble les œuvres sorties de cet atelier. Chacune est unique, signée au dos, accompagnée d'un certificat d'authenticité. Aucune reproduction, aucun tirage. La peinture garde sa promesse : ce que vous achetez existe en un seul exemplaire au monde.
— Zina
Le noir n'est pas une absence. C'est ce qui reste quand tout le reste s'est tu.